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Bureau français de coordination des utilisateurs de GOCE
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Les autres missions spatiales.


Les techniques classiques utilisées pour déterminer le champ de gravité terrestre sont :

  • les mesures de pesanteur à l'aide de gravimètres au sol, en bateau, en fond de mer ou aéroportés.
  • les mesures d'altimétrie par satellites qui permettent de déterminer la topographie des océans. Cette surface, proche du géoïde, donne des informations sur le champ de pesanteur après retrait des signaux océaniques : circulation moyenne (courants) et variabilité.
  • l'analyse des perturbations des orbites de satellites. En étudiant les perturbations d'orbites de satellites par rapport à des modèles existants du champ de gravité, on peut construire d'autres modèles plus précis. Les principales techniques de mesure de position des satellites sont : le SLR (Satellite Laser Ranging) où l'on mesure la distance entre le satellite et des stations au sol par télémétrie laser, DORIS et le GPS . Pour cette dernière technique, la position du satellite en orbite basse est connue par rapport à la constellation des satellites GPS d'orbite plus élevée (SST-hl).
    Les principales limitations de ces techniques viennent essentiellement :
    • de la couverture observationnelle des satellites qui n'est pas homogène. Par exemple, il y a beaucoup moins de stations de poursuite laser dans l'hémisphère sud qu'au nord.
    • de l'atténuation du champ de pesanteur avec l'altitude et de la mauvaise connaissance des forces qui ne sont pas dues à la gravité comme le frottement dans l'atmosphère. En effet, le champ de pesanteur décroissant rapidement avec l'altitude, il serait intéressant de pouvoir étudier les orbites de satellites évoluant à basse altitude. Mais plus on se rapproche du sol, plus l'atmosphère est dense et l'imprécision actuelle des modèles de forces qui ne sont pas dues à la pesanteur empêche une inversion classique des perturbations qui soit suffisamment fiable.

La nouvelle étape de développement de la gravimétrie spatiale doit permettre d'étudier des orbites de satellites à basse altitude tout en s'affranchissant des contraintes dues à l'atmosphère, ceci grâce à la micro-accélérométrie.

CHAMP

C'est ainsi que le satellite CHAMP (ChAllenging Minisatellite Payload for geoscience and application), décidé par l'agence spatiale allemande (DLR) en 1995 en coopération avec le CNES et le JPL (Jet Propulsion Laboratory) a été lancé le 15 juillet 2000 pour une période d'environ 5 ans.
Ce satellite est avant tout dédié à l'étude du champ magnétique et à l'étude du champ de gravité à grande longueur d'onde. Il porte des capteurs pour mesurer l'intensité et les trois composantes du champ magnétique, une antenne GPS et des réflecteurs laser situés sous le satellite (SLR) permettant de connaître sa position orbitale avec une précision centimétrique. CHAMP a aussi embarqué un accéléromètre de type STAR (Spatial Triaxial Accelerometer for Research) développé par l'ONERA pour la mesure précise des forces non gravitationnelles.

Ce satellite vole à une altitude de 460 km à 300 km en fin de mission, altitude où l'on ne peut pas négliger les forces de frottement de l'atmosphère. C'est avec les données recueillies par l'accéléromètre que l'on peut calculer l'effet des forces non gravitationnelles (ces forces de frottement et celles de pression de radiation). Cet effet est ensuite pris en compte lors de l'analyse des perturbations orbitales.
Les données de CHAMP récoltées entre juillet 2000 et décembre 2001 ont déjà permis de calculer un nouveau modèle de champ de gravité : EIGEN-2 (télécharger le modèle sur le site GFZ ?) Ce modèle a une précision de l'ordre de 10 cm sur le géoïde et de 0.5 milliGal en terme d'anomalies de gravité pour une résolution spatiale de 550km.


GRACE

 

GRACE (Gravity Recovery And Climate Experiment) est un projet commun à la NASA et à l'agence spatiale allemande (DLR) qui a pour objectif de cartographier les variations temporelles du champ de pesanteur terrestre.
Dans le cadre de cette mission, deux satellites identiques : "Tom et Jerry", d'une masse de 475 kg, ont été lancés le 17 mars 2002 pour une durée pouvant aller de 3 à 5 ans. Les deux satellites se suivent sur la même orbite et mesurent en permanence la distance entre eux avec une précision micrométrique. Cette distance, de 150 à 300 km (ajustable par manœuvres) varie de quelques dizaines de mètres sous l'influence des irrégularités du champ de pesanteur dans lequel les satellites évoluent. Comme pour CHAMP, les satellites sont positionnés par GPS et ont embarqué des accéléromètres permettant de mesurer les effets dus aux forces non gravitationnelles.

Les données de la mission sont accessibles sur le site web du GFZ.

À l'issue de cette mission, on espère connaître les variations temporelles du champ de gravité sur des échelles allant du mois à deux ans avec une résolution spatiale de 400 km. On attend aussi une importante amélioration de la précision du champ statique aux grandes longueurs d'ondes (supérieures à 250 km).
Les modèles construits à partir de ces données permettront de mieux comprendre les processus dynamiques de l'intérieur de la terre, les variations des courants océaniques, l'évolution des calottes glaciaires et les mouvements de l'hydrosphère (variation de la quantité d'eau dans les sols, effet de la charge de neige sur de grandes étendues…).

 

GOCE

La mission GOCE avec son satellite à très basse altitude (250 km) et son gradiomètre embarqué s'inscrit dans la lignée des deux missions précédentes. Bénéficiant de l'expérience que certaines équipes (tel le GRGS) ont acquise sur les satellites précédents ainsi que d'une technologie de pointe, la mission GOCE devrait fournir une connaissance globale du champ de pesanteur avec une précision de l'ordre du milliGal pour une résolution spatiale de 100 km environ. La précision attendue pour le géoïde est centimétrique pour la même résolution.

Les missions GRACE et GOCE sont donc des missions complémentaires : GRACE étant dédiée aux grandes longueurs d'ondes ainsi qu'aux variations temporelles et GOCE apportant la haute résolution.

 

La suite :

L'objectif principal des missions suivantes doit être d'augmenter encore la résolution spatiale et/ou temporelle des modèles de champ de gravité terrestre. Les systèmes permettant ces mesures feraient appel à plusieurs satellites qui volent en formation. Le projet très ambitieux LICODY (Laser Interferometry for Core and Oceans Dynamic) propose un système basé sur des mesures laser très précises entre les positions relatives de plusieurs satellites évoluant en formation et à basse altitude sur la même orbite moyenne polaire autour de la Terre ; son objectif principal est de mesurer les variations de champ dues aux oscillations du noyau terrestre.
Avant cela, des systèmes prolongeant les missions actuelles ont été proposés et pourraient voir le jour d'ici quelques années : GRFO (GRace Follow On) qui serait une suite de GRACE avec une précision 100 à 1000 fois meilleure (lien laser entre les deux satellites co-orbitant) ; MICROMEGA serait un intermédiaire entre GRFO et LICODY.


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